Busquets : «Le futur doit être fait avec le passé» – L'Officiel du Canal du Midi

Busquets : «Le futur doit être fait avec le passé»

Oui. Le patrimoine c’est la base même, ainsi d’ailleurs que la ville moderne née des années 60, de notre travail d’urbanistes qui, à mon sens, doit s’appuyer sur ce qui est et ne consiste pas à juste corriger des erreurs, mais aussi à répondre à la demande des habitants. En leur donnant des réponses sur les questions de qualité de vie, de sécurité, de circulation. Le futur doit être fait avec le passé.

L’aménagement de Saint Sernin s’inscrit dans le sens d’une valorisation apportée par le projet urbain ?
Tout à fait. Personne n’a de doute sur la beauté et la grandeur de Saint Sernin mais l’espace autour n’est pas au niveau. L’idée, en supprimant parking et voitures autour, est de revenir au fait, oublié, que Saint Sernin, ce n’est pas seulement la basilique mais un élément d’un ensemble urbain. Et, pour revenir à la nature du lieu nous souhaitons aussi mettre de la végétation,des arbres, des bancs, un espace «tranquille», incitant à la pause, à la pensée .

Quid du canal du Midi, autre élément du patrimoine ?

Nous avons travaillé sur cet élément fondamental avec la mairie et nos recherches et études vont donner lieu à une exposition qui sera présentée l’an prochain. Nous souhaitons donner au canal du Midi un futur plus beau que son passé. Pour ce faire plusieurs mesures seront prises . D’abord inverser la circulation en la mettant à la française, c’est-à-dire la sortie de la ville, dans le sens des Pont Jumeaux vers route de Narbonne, se faisant à droite, et l’entrée à gauche. Donc l’inverse d’aujourd’hui puisqu à mi- parcours, chacune des deux voies change de sens, créant de» baïonnettes», des bouchons. Nous élargirons ensuite les trottoirs, et créerons une bande de circulation pour vélos. Le canal du Midi peut devenir ainsi un fil conducteur, un ruban qui reliera les différents parcs et points verts de la ville : Ponts Jumeaux, Compans, Grand Rond , avec un lien également avec le nouveau parvis Matabiau.

La ville a encore de beaux jours devant elle ?

Oui et avec des changements plus forts qu’on ne l’imagine. Je crois que la ville va résister malgré tous ceux qui prédisent, notamment avec internet et le fait qu’on puisse travailler à domicile, son déclin. Mais il faut travailler à partir du vécu, trouver des systèmes de circulation moins polluants, et bruyants. Cela viendra vite, j’y crois. Il faudra créer ou renforcer des espaces verts, tout cela en s’appuyant sur ce qui existe. Avec l’objectif d’amener la ville le plus haut possible car c’est ainsi qu’elle profitera au mieux à ses habitants. Et que l’avenir lui profitera au mieux.

Dans cette optique, le métro vous paraît la bonne solution de transport pour Toulouse ?

Oui, je pense que le métro, silencieux, désencombrant est le moyen de transport le plus adapté à Toulouse. Et la troisième ligne de métro participera à cette évolution propre de la ville.
Propos recueillis par Nicole Clodi
LA DEPECHE DU MIDI